Prolongation de l’exposition Keith Haring / The Political Line !

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Silence = Death, 1988

C’était ce dimanche le dernier jour pour profiter de La rétrospective Keith Haring / The Political Line au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris et au CENTQUATRE. Oh non! Eh ouai…

Heureusement The Parisian Post vous offre une ultime chance de vous transporter dans cette double exposition afin de mieux appréhender l’importance de son œuvre et la nature profondément « politique » de sa démarche. Visite guidée en 104 photos histoire de prolonger cette belle exposition, suivez le guide !

—- Introduction —-

IMG_4747Ses peintures, ses dessins et sculptures, sont porteurs de messages de justice sociale, de liberté individuelle et de changement.

Icône du Pop art, artiste subversif et militant, Keith Haring a multiplié les engagements tout au long de sa vie : très jeune, il était animé par une envie de transformer le monde.

Il n’a cessé de lutter contre le racisme et toutes sortes d’injustice et de violence, notamment l’Apartheid en Afrique du sud, la menace du nucléaire, la destruction de l’environnement, l’homophobie et l’épidémie du sida (dont il est mort non sans avoir créé une fondation caritative au profit de la lutte contre la maladie).

—- Au MAM —-

Everybody Knows Where Meat Comes From It Comes from the Store » (June 4, 1978)

—- Premières oeuvres, première exposition —-

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Lorsqu’il arrive à New York pour étudier en 1978, Keith Haring découvre la ville et son rythme frénétique. Il est fasciné par les artistes qui interviennent dans la rue. (Graffitis, Tags, Affichages…). D’abord étudiant, à la School of Visual Arts, il devient assistant à la galerie de Tony Shafrazy où ce dernier l’invite en octobre 1982 à présenter ses oeuvres.

Keith Haring choisi de ne pas peindre sur des toiles mais sur des bâches en vinyle qu’il accroche intercalée entre des séries de dessins à l’encre. Il occupe aussi les murs avec des fresques. Le vernissage est un succès rare pour un artiste aussi jeune, mais cohérent au vue de sa popularité en dehors du milieu de l’Art.

On retrouve dans ces premières oeuvres tous les thèmes du langage et du vocabulaire qu’il a élaboré au cours de ses recherches personnelles et au travers de son intérêt pour la sémiotique et pour les civilisations anciennes (maya et égyptienne). Dans les story boards, découvert avec son père pendant son enfance,  ont décliné les symboles récurrents tels que le chien, la soucoupe volante, le bébé rayonnant, les foules anonymes.

Untitled, 1982 (bâche sur vinyle)

Sur ce premier visuel, le bâton fait référence à l’état policier. L’individu détruit ce qui l’oppresse et ce qui peut faire mal. Travailler sur un support industriel tel qu’une bâche de type de celles que l’on peut trouver à l’arrière des camions, est un moyen pour Keith Haring de ne pas enfermer son travail et sa démarche dans le milieu uniquement de l’Art mais de resté justement lié à ce qui l’intéresse, l’Art public.

Untitled, 1982 (bâche vinyle)

Haring faisait selon toute évidence allusion à l’assassinat de John Lennon par le malade mental Mark David Chapman devant le Dakota Building à New York, le 8 décembre 1980. Comme dans une bande dessinée, il agrandit l’impact de la balle à la taille d’une ouverture, gigantesque par rapport aux proportions du corps, qui, à cause de son contour rouge, devient un anneau.

Untitled, 1981 (vase en fibre de verre)

En 1981, un ami de Keith Haring lui commande une oeuvre en qu’il ne veut ni un dessin ni une peinture. En réponse, il crée ce grand vase en fibre de verre décoré au marqueur et à la peinture dorée. Grâce à cette commande il a eu l’occasion de réaliser, de manière inédite pour lui, une oeuvre qui va générer beaucoup d’autres oeuvres sur des supports inattendus et notamment des vases aussi font référence à l’histoire de l’Art mais aussi à l’objet d’Art tel qu’il est montré dans les musées. C’est pour lui de contester la tradition et la valeur des objets d’Art que de peintre sur ce vase des situations d’acte sexuel, mais aussi de violence tels que serpent qui entoure le vase et qui poursuit des hommes, des pyramides égyptiennes avec des personnages qui ressemblent à des dieux et qui sont transportés vers le sommet de la pyramide.

Untitled, 9 April 1985

En quelques traits seulement Keith Haring réussit à exprimer des idées parfois complexes. Son Art est avant tout l’Art de la ligne. Une ligne ininterrompue, nette et très graphique.

Ce singe peint en rouge et adulé au milieu d’une foule qui semble l’acclamé est une façon pour Keith Haring de dénoncer la manière dont à la fois une masse de personne peut suivre aveuglément quelqu’un ou quelque chose qui serait honoré et même temps que de ces systèmes où à travers les mass media, la pipolisation, on devient fanatique d’une personne sans même la voir.

—- Capitalisme —-

IMG_4764Haring s’insurge en représentant l’hégémonie des Etat-Unis et de sa monnaie fondée sur la domination, l’exploitation des « autres ». Il dénonce aussi la pression de la société de consommation et ses icônes (le billet vert, Andy Warhol transformé en Andy Mouse, Coca-Cola…). C’est ainsi que dans certaines de ses oeuvres un personnage immense, les bras croisés et surmonté d’une auréole, s’élève d’un enchevêtrement de corps. Les lettres « USA » inscrites en capitales et un immense symbole du dollar. Parfois accompagné d’une croix ou d’une étoile, accusent le capitalisme, oppresseur. Haring représente aussi des corps pleins de billets, des flots de dollars vomis par un monstre gigantesque cochon gars aux yeux rouges effrayants dévorant des masses. Haring est tout à fait conscient de l’ambiguité de l’argent: il ouvre en 1985 le Pop Shop, boutique sur Lafayette Street où il commercialise des objet réalisés à partir de ses dessins.

Untitled, 1984

—- Racisme, l’apartheid en Afrique du sud —-

Untitled, 1984

Cette affiche a servi pour le Rally anti-apartheid en 1985. On voit cet homme noir qui est encore attaché mais qui se relève et devient beaucoup plus grand que l’homme blanc qui lui-même devient la cible car il a une petite croix rouge sur lui. D’ailleurs, l’homme noir reprend les symboles utilisé par l’homme blanc, c’est-à-dire la croix pour réduire à néant l’homme blanc. La cause de l’apartheid était très importante pour Keith Haring. Il a donc souhaité dessiné, faire imprimé et distribué des posters lors de ce rallye.

—- Fin de l’humanité: Écocide, menace du nucléaire —-

Haring s’engage contre les risques d’extinction de l’humanité. Il a compris que la préservation de l’environnement relève de notre responsabilité: « L’Art devient la manière dont nous définissons notre existence en tant qu’être humain. Nous savons que les humains déterminent le futur de notre planète. Nous avons le pouvoir de détruire et de créer ». Dans ses oeuvres il cherche à encourager ce qui concourt à préserver l’environnement et à sauver la planète.

Le 12 juin 1982, lors d’un immense rassemblement and-nucléaire à central Park, il fait imprimer à ses frais et offre 20 000 affiches. Lorsqu’il visite le musée du mémorial de la paix d’Hiroshima, il est extrêmement choqué par la découverte des documents sur les horreurs de la guerre atomique et crée un nouveau groupe d’oeuvres rendant compte de cette vision apocalyptique qui l’habite.

—- Racisme —-

keith haring s’attaque au racisme. « Je suis heureux d’être différent. Je suis fier d’être homo. Je suis fier d’avoir des amis et des amants de toutes les couleurs. J’ai honte de mes ancêtres, je ne suis pas comme eux ». Ses amis comme l’artiste Jean-Michel Basquiat, subissent régulièrement des discriminations. À la suite du meurtre du graffeur afro-américain Michael Stewart par des officiers de police en 1983, Haring peint une toile en sa mémoire exprimant la révolte et la colère. Il considère que la colonisation et la domination des hommes blancs sont responsables des abus de pouvoir et de l’exploitation des populations.

—- Au 104 —-

Sous l’immense verrière de la seconde  halle, les sculptures gigantesques de Keith Haring se fondent idéalement dans ce lieu exceptionnel, la lumière perçant à travers les verrières donne aux oeuvres une envergure indescriptible, nous jubilons complètement !


Les Dix Commandements, 1985
À I’occasion de sa première rétrospective dans un musée, au CAPC de Bordeaux, en 1985, Keith Haring choisit d’occuper tous les étages de I’entrepôt en présentant des dessins, des bâches, des sculptures. Il investit également la grande halle et peint en un temps record (trois jours) Les D/x Commandements : dix toiles mesurant 7, 70 mètres de hauteur sur 5 mètres de largeur incrustés dans les arches du bâtiment et dont la forme singulière évoque les tables de la Loi.

Certains commandements ne sont identifiables alors que d’autres sont plus universels et contemporains. « Je représente ce qui est défendu.  Au lieu de dire « voilà ce qu’il faut faire ». Mon image dit « voila ce qu’il ne faut pas faire ». Toutefois, d’autres panneaux sont beaucoup plus libres dans la représentation, je laisse à chacun le choix de l’interprétation ».  Car « les idées véhiculées par ce texte sont abstraites, donc les images qui s’y rapportent peuvent avoir plusieurs sens [ … ] mais ces peintures contiennent de nombreuses allusions à d’autres situations. Si le spectateur ne savait pas qu’il s’agissait des Dix Commandements, il y verrait surement une autre histoire explique-t-il lors d’une interview. Ainsi Keith Haring transpose ce commandement biblique « tu ne feras pas d’idole » pour sa propre époque, avec sa génération, qui voue une adoration au petit écran en représentant une télévision célébrée telle une idole par trois hommes.

L’ensemble du cycle est unifie par un arrière-plan similaire : un fond divise en deux parties, avec sur les trois quarts de la partie haute de la toile, un aplat jaune et en partie basse un aplat vert parsemé de points mauves. Se détachent alors des personnages et des éléments ; en bleu, les figures représentent les exploitées et en rouge_ couleur qui désigne ici le mal, l’enfer_ les tyranniques.

Sans titre, 1985
Encre sur papier marouflé sur toile
Collection particulière

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Villes jumelles New York Tokyo
(villes soeurs), 1985
Acrylique sur toile
Collection particuliere,
courtesy Lio Malca, New York

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Sexe protégé, 20 octobre 1985
Acrylique sur toile
Collection Keith Horing Foundation

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Dans le New York des années 1980, l’épidémie du sida se propage et touche particulièrement la communauté homosexuelle. Dès 1985, Keith Haring prend une part active dans la lutte contre la maladie. II soutient des oeuvres caritatives participe à des manifestations comme Art Against Aids en 1987, conçoit des affiches d’information pour briser le silence et l’ignorance ou encore réalise des murs peints sur ce thème (Ensemble nous pouvons arrêter le Sida, à Barcelone en 1989). Dans certaines oeuvres, il prône l’usage du préservatif contre la propagation des maladies sexuellement transmissibles. Il participe par ailleurs, dès sa création, aux activités et aux manifestions de l’association Act Up. Cette oeuvre au motif simple et explicite rend compte de la préoccupation qui l’habite et intègre son titre Safe Sex dans la toile comme un slogan publicitaire.

Sans titre (Mur), 1986
Acrylique et huile sur toile
5 panneaux
Collection particulière,
courtesy Lio Malca, New York

Keith Haring a beaucoup fréquenté les bars et les clubs 6 New York en sortant au Club 57, au Mudd Club, au Palladium. II a très souvent organisé des événements dans ces lieux comme des performances, lectures, accrochages d’oeuvre… Même lors de ses déplacements à I’étranger, la vie nocturne comptait pour lui. Ainsi, à Paris, il fréquente le Palace, les Bains Douches…  Cette oeuvre en cinq panneaux représente une vision monstrueuse d’un univers apocalyptique. Elle est conçue à I’origine pour servir de décor pour le bar du DV8 Club à San Francisco. C’est au Palladium au début des années 1980 que Keith Haring rencontre Doctor Winkie, I’impresario du célèbre Dance Club de San Francisco. Tous les deux inquiets par la propagation de I’épidémie du sida, ils partagent un regard commun sur la création. Keith Haring est alors invite à se rendre à San Francisco et à produire une fresque en plusieurs parties. La salle est nommée « Keith Haring Room ». De nombreux événements auront lieu dans ce club pour collecter des fonds afin de financer des programmes de lutte contre le sida à San Francisco et à New York.

De quoi prolonger encore un peu plus !

  • La fresque de l’hôpital NECKER

KeithHaring.1Il peint, fin avril 1987, une fresque monumentale sur le mur extérieur de l’escalier de secours du bâtiment de chirurgie pédiatrique de l’hôpital Necker. Cette fresque – seule trace de l’artiste américain dans l’espace public en France – fait actuellement l’objet d’une campagne de restauration.

Hôpital Necker – Enfants malades | 149 Rue de Sèvres  75015 Paris |  Tel. 01 44 49 40 00|
Entrée 161, rue de Sèvres  | Métro : Lignes 10 et 13 : Station Duroc, Ligne 6 : Station Sèvres-Lecourbe, Ligne 12 : Station Falguière

  • vidéo clip

FRED SCHNEIDER MONSTER 1983 – the most shocking music video from 1983 actuallly BANNED from MTV!
starring Keith Harring and Chris and Tina from the talking heads & tom tom club and the late Drag queen performer, playwright, and actor, artist Ethyl Eichelberger.

  • Documentaire

Nous ne pouvons que vous conseiller de visionner l’excellent documentaire « Le Petit Prince de la rue, Keith Haring »
DURÉE
 52’
AUTEURE-RÉALISATRICE CHRISTINA CLAUSEN
PRODUCTION OVERCOM / FRENCH CONNECTION FILMS / ABSOLUTEFILM
ANNÉE 2008

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